30 iem Dimanche après Pentecôte. Le riche notable 2 iem lecture liturgique dimanche avant la théophanie
- frlazare
- il y a 3 jours
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Bonjour à tous !
30 iem Dimanche après Pentecôte
Le riche notable : Luc 18, 18-27
L’homme est tout pour Dieu –
Il est beaucoup question des richesses pendant les dimanches du carême de Noël, et quand on vénère les grands saints de novembre et de décembre, comme Martin de Tours, Jean Chrysostome et Nicolas de Myre, exemples de générosité à l’égard des pauvres. La pauvreté volontaire et la générosité ont leur icône chez les saints de Dieu, mais elles sont l’apanage de la Divinité elle-même. Le Seigneur donna l’exemple typique de l’appauvrissement : en devenant homme, Il se dépouilla de toute prérogative et de toute gloire divines, afin de s’approcher de l’homme et de se rendre accessible à lui. L’homme est devenu tout pour Dieu.
Le divin dépouillement
Le grand mystère de l’abnégation et du dépouillement divins, est l’état de vacuité et de disponibilité, d’effacement, de silence, de retrait par lequel, paradoxalement, le Seigneur se rend présent à son monde pour le sauver, comme dit le tropaire des saintes icônes. La gloire du Seigneur est dans son humilité. Aujourd’hui, Il voile même sa divinité : Dieu seul est bon, dit-Il, comme s’Il n’était pas Lui-même Dieu !
Par ce dépouillement, le Seigneur se révèle en quelque sorte négativement. Il ne s’affirme pas, Il ne s’impose pas, Il ne domine pas, Il n’utilise pas la force. Il se retire, Il s’efface, Il s’humilie, Il meurt et se présente nu et sans défense au jugement des hommes. Lui qui a tout, le ciel et la terre et tout ce qu’ils contiennent, révèle qu’Il ne possède rien. Dieu n’a pas : Il est. Bien plus, ont dit certains maîtres, Il n’est pas, Il est en deçà de l’être, Il n’est que parce qu’Il veut être, sa Personne divine transcende son être.
Il est dur d’être chrétien
Telle est sa pauvreté ! Que les athées, que les sceptiques, que les matérialistes triomphent : Dieu n’a rien et n’est rien ! Mais ses disciples ont du mal à accepter cela ; c’est dur d’avoir un Prince dépouillé de tout, un Roi sans royaume, un Messie traîné dans la poussière du Golgotha. C’est dur d’être chrétien : on n’est jamais aussi pauvre que le Maître ! Aujourd’hui, l’homme appelé à être disciple de Jésus devient tout triste car il a de grands biens. Tout vendre pour suivre celui qui n’a rien, pas même une pierre pour mettre sous sa tête ? Quelle folie ! Non, nous voulons une institution religieuse puissante et riche, qui en impose aux puissants de ce monde ; nous voulons des cathédrales, des facultés, des hôpitaux, des associations efficaces et que le monde nous respecte ! Tout de même, nous ne sommes pas des chiens !
La générosité de Dieu
Et pourtant, le grand pouvoir est dans le non pouvoir, la grande richesse dans la pauvreté, la grande science dans l’inconnaissance, la grande connaissance dans la communion d’amour avec le Dieu de miséricorde, la grande gloire dans l’humble lavement des pieds, la souveraineté dans l’impuissance de la Croix, la victoire dans la défaite de Gethsémani. Paradoxalement, ce rien est tout ; du non être nous sommes conduits à l’être.
La divine pauvreté est une divine générosité. Quoi de plus généreux en effet de la part de Dieu que de se révéler, de se donner en communion à ceux qui croient en lui, de verser son précieux sang et d’immoler son corps très pur pour ses disciples et pour tout homme ? Le carême de Noël prépare dans tous les magasins les cadeaux que l’on voudra se faire en famille, entre amis, entre voisins. Les mages eux-mêmes sont venus vers le Roi du monde en portant des cadeaux, très modestes sans doute par rapport au cadeau que le Père céleste faisait de son Fils, mais très sincères et très conformes à la dignité de celui qu’ils voulaient honorer, le Seigneur et Maître de toute créature. Et nous, ce que nous offrons aux pauvres, c’est au Christ que nous le donnons.
Bonjour à tous !
30 Dimanche après Pentecôte avant la Théophanie : Marc 1, 1-8.
Le Christ baptise.
Au Nom du Père et du Fils et du saint Esprit : Amen ! L’évangile de ce dimanche avant le baptême du Christ, appelé Épiphanie ou encore Théophanie, nous ouvre l’intelligence à un grand mystère. Au centre, Jean est le Précurseur du Verbe et Messie de Dieu. Par la parole et par l’immersion dans le Jourdain, il prépare ceux qui croient déjà à accueillir le Seigneur Christ. Mais celui dont il annonce la venue est « plus grand que lui », comme il le dit, parce qu’Il va immerger les croyants dans l’Esprit – baptiser voulant dire immerger. Jésus est Celui qui plonge l’homme dans l’Esprit. C’est pourquoi Clément d’Alexandrie dit de lui qu’Il est le Précurseur de l’Esprit.
La mission de l’Esprit.
Le message de ce jour nous rappelle que l’écoute de Jésus Christ et l’obéissance à sa parole nous font vivre dans l’Esprit saint. Être chrétien c’est vivre dans et par l’Esprit. La mission du Verbe dans le monde – puisque le Fils est l’Envoyé du Père – permet une autre mission : celle de l’Esprit, que le Père envoie également parmi les hommes et dans toute la création. Le Fils est envoyé et Il vient – Il est venu et Il vient sans cesse dans l’Église par la grâce de son Esprit très saint et très bon. Et, selon le Symbole de la Foi, « de nouveau, avec gloire, Il vient, juger les vivants et les morts ! » Mais l’Esprit également est l’Envoyé du Père ; Il est envoyé et Il vient sans cesse. Nous le prions sans cesse de venir : Kyrie eleison ! « Viens, Lumière sans crépuscule ! Viens, Espérance qui veut sauver tous ! Viens, Haleine et Vie mienne ! », chante saint Siméon le Nouveau Théologien.
La grotte et l’Esprit.
Nous venons de vénérer la glorieuse naissance du Verbe, Dieu et Homme. Nous nous sommes prosternés devant la sainte icône et nous avons touché de nos pauvres lèvres le mystère lui-même par le sacrement de l’image orthodoxe. Étions-nous conscients que cet évènement instaure le Royaume de Dieu, c’est-à-dire la mission, la présence, la souveraineté et le règne de l’Esprit ? Quand nous embrassons les mains divino humaines de Jésus, pensons qu’elles attirent et envoient l’Esprit du Père parmi les hommes. Ce petit enfant, couché dans la lumière de l’obscure grotte, est le Donateur de l’Esprit du Père. Il nous sauve en devenant homme parce qu’Il purifie l’humanité ; Il nous arrache au néant en montant sur la Croix parce qu’Il descend ainsi dans l’abîme de l’égoïsme infernal ; Il vainc toute haine par l’amour extrême pour les ennemis.
Le Salut par l’Esprit.
Mais Il nous sauve principalement parce que, au sein de toutes ces actions – ces gestes divino humains – Lui qui, au Paradis, a insufflé dans mon visage les arrhes de l’Esprit, me plonge et m’immerge dans ce même Esprit. Celui-ci, jaillissant de l’unique source paternelle, procède vers les hommes pour les combler, les recouvrir comme d’un manteau, comme une averse royale, pour me tremper jusqu’aux os par l’ondée de sa grâce. Car l’eau de la grâce du saint Esprit, comme l’huile du saint Chrême, pénètre en moi par tous les interstices et les fissures de mon corps.
Glorifier la Trinité.
Aujourd’hui, la mémoire du grand et saint Basile de Césarée soutient ce message. Le géant théologien de l’Esprit, le défenseur de sa glorification à l’égal du Père et du Fils, est justement honoré quand on annonce que l’Église, étant le Corps du Verbe, est le Temple de l’Esprit. Et, belle réciproque, c’est par l’Esprit envoyé du Père que tout homme connaît le Fils et le glorifie comme tel. La Théophanie annoncée en ce jour, et tout le témoignage du père spirituel que nous fêtons royalement, est la glorification du Père, du Fils et du saint Esprit. Bien des hommes disent croire en Dieu, et ils sont bénis. Mais, connaître la Trinité et la glorifier par sa pensée, sa parole et toute sa vie, est immense et au-delà des mots – et, en ce début d’année civile, nous ne pouvons rien souhaiter de mieux aux hommes de notre temps, que de connaître et de célébrer le Père et le Fils et le saint Esprit : Amen !








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